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Le succès des réseaux sociaux est sans cesse grandissant, Facebook ayant franchi la barre des 400 millions d’utilisateurs dans le monde (dont environ 2,5 millions au Québec). De tels chiffres provoquent bien des émotions dans le milieu du marketing, du commerce électronique et des affaires : un réseau de potentiels consommateurs, ayant chacun leur cercle d’influence et prêt à échanger du contenu. Il y a là un terrain plein de promesses pour du placement de produits ou de marques. 

La controverse sur le sujet est bien connue : le placement publicitaire sur les réseaux sociaux peut parfois être un peu intrusif ! Mais si vous laissiez plutôt le soin à vos consommateurs d’être vos ambassadeurs ?  Le fait est qu’après tout, si les réseaux sont principalement utilisés pour discuter, il n’est pas interdit de discuter de marques ou de produits ! Au contraire, c’est même souvent une bonne occasion de parler de ses activités et de se découvrir des intérêts communs avec d’autres personnes (je me rappelle par exemple avoir envoyé un Tweet il y a 2 semaines au sujet d’un très bon service clientèle reçu chez Starbucks). Au fait, à bien y penser c’est même la forme de communication idéale, un marketing d’authenticité par excellence, où le consommateur prend en partie le contrôle de vos marques et de vos produits. Et là où ça devient encore plus intéressant, c’est quand dans le même temps vous avez l’opportunité d’augmenter l’expérience de magasinage en ligne de vos clients. 

Facebook Connect permet de développer des outils de magasinage social qui offre à vos internautes de se connecter à leur compte Facebook, puis de partager du contenu de votre site Web directement vers leur réseau, ainsi que de tchatter directement en ligne avec les personnes (amis) connectées. Par exemple je suis fan des sacs à dos Jansport, que je trouve cool, alors je me rends sur leur site de commerce en ligne pour magasiner. J’ouvre la fiche produit de leur grand classique, et comme j’aime tellement ce produit,  je décide de le partager avec mon réseau Facebook : 

Exemple d'application Facebook Connect sur le site de Jansport

L’application de Jansport me permet alors de partager mon enthousiasme avec mes amis sur Facebook, vous remarquez que le site confirme mon accord avant de publier quoi que ce soit. Le résultat dans ma page Facebook est le suivant :

Le résultat dans ma page Facebook

Et voilà, je viens de me faire l’ambassadeur de la marque Jansport et de ce sac à dos, et personne ne m’a obligé à le faire. Pour une marque, c’est un peu le Saint Graal : plusieurs études montrent en effet que ce sont les recommandations de proches connaissances qui ont le plus d’impact sur une décision d’achat. Vous remarquez aussi que si je l’avais voulu j’aurais aussi pu discuter en direct avec un de mes amis (mais là je suis à la job, donc je m’abstiens…), ce qui aurait eu pour effet d’augmenter encore l’impact de ma recommendation et d’optimiser mon expérience d’achat en ligne, la rendant encore plus interactive.

La question maintenant : est-ce que cette application correspond à votre stratégie Web ? à votre site de commerce électronique ? Tout dépend au fait des produits que vous vendez et de vos consommateurs. Selon une étude de Razorfish, on constate que les usagers des réseaux sociaux ont surtout tendances à partager les produits liés à la culture, au divertissement ou à la mode. De plus, ce sont essentiellement les personnes agées de 18 à 34 ans qui adoptent ce comportement (ça tombe bien c’est aussi le gros des utilisateurs de Facebook…). Enfin, pour ce qui est du magasinage social en temps réel (les discussions avec des amis directement sur le site de commerce en ligne), il faut garder en tête que l’impact de la recommandation sur la décision d’achat s’applique plus particulièrement aux produits techniques ou coûteux.

C’est certain que ce type d’applications va encore beaucoup faire parler et qu’additionné aux autres outils de partage social existants (fonction “like” de Facebook, Sharethis, Tweet et Retweet…), elle aura des conséquences sur la façon de communiquer. Il faut s’attendre à une perte de contrôle au profit des consommateurs, à un marketing beaucoup plus transparent. C’est un tournant majeur dans la façon de communiquer, l’occasion de développer la viralité sans même avoir à l’initier et le début de beaux succès pour les entreprises qui seront se montrer les plus connectées à leur audience.

 

Interpellé par un journaliste lors d’une conférence au Forum Digital de Séoul en 2007, le président de Google Éric Schmidt donna sa vision personnelle du Web 3.0. Il prophétisa que le futur du Web sera composé d’un ensemble d’applications modulaires, rapides et personnalisables, distribuées de manière virale et accessible sur tout et partout. Il mettait ainsi l’emphase sur l’interopérabilité, l’importance des technologies mobiles et la nécessaire simplification du développement logiciel. Évidemment, cette vision du futur servirait les objectifs de long terme de Google, et les clairvoyants pouvaient déjà entrevoir dans les propos d’Éric Schmidt l’ombre de Chrome OS qui se profilait à l’horizon.

Google a donc sa propre définition du Web 3.0, en tant que « futur du Web ». Est-ce que ce Web 3.0 ne pourrait pas être défini de manière plus objective, plus certaine? En faisant le tour des publications portant sur le sujet, nous pouvons rapidement conclure que chaque auteur, chroniqueur et autre gourou du Web possède sa propre définition du mystérieux concept.

Web 1.0, Web 2.0, Web 3.0… La naissance du Web 1.0 est généralement située au début des années 90, et le passage au Web 2.0 en 2004. Le Web 3.0 devrait connaître le jour dans les années à venir. Ces « phases » sont évidemment arbitraires. Derrière ces expressions se cachent tout un ensemble d’évolutions technologiques, de pratiques sociales et culturelles, d’enjeux économiques – bref, un ensemble de facteurs permettant à Internet d’évoluer, mais qu’il serait difficile – et sans doute absurde – de démêler.

Si on se place d’un point de vue strictement chronologique, il n’y a pas là non plus de frontière claire entre les trois paliers du Web. Les dates sont toujours utiles pour servir de points de repères, mais il faut faire attention à ne pas les employer de manière à déformer ou simplifier une réalité complexe. Prenons 1492, par exemple, qui sert souvent à marquer le début de la Renaissance. En se basant sur cette date pour jalonner cette phase de renouveau culturel en Europe, on serait tenté de conclure hâtivement que c’est la découverte des Amériques qui a été le facteur déterminant de cette période. Or la chute de Constantinople ou l’invention de l’imprimerie n’ont-ils pas été des événements tout aussi importants?

La notion de Web 2.0 a été initiée en 2004 par Tim O’Reilly, lors de la conférence Web 2.0. Internet était alors en crise, après l’explosion de la fameuse bulle spéculative. Les adeptes du Web, catastrophés, ne savaient plus à quel saint se vouer. Heureusement que Tim O’Reilly était là pour leur redonner le moral, et donner l’impulsion d’une nouvelle vision du Web basée sur l’intelligence collective. Le Web social était né.

Grâce à des technologies comme Java, RSS et CSS, les internautes ont pu bénéficier de davantage d’interactivité, les sites sont devenus dynamiques et les réseaux sociaux ont donné naissance à de nouvelles formes de collaboration.

Aujourd’hui, nous avons grâce au Web accès à un océan d’informations et de données et la possibilité de faire toujours en ligne (acheter des vêtements, s’abonner à un magazine, partager ses photos de vacances, trouver l’âme sœur, payer ses impôts, raconter sa vie, etc.). Au risque de se trouver submergés par toutes ces informations et ces sollicitations et de devenir « infobèses ».

D’un point de vue technique, la multiplication des formats et des métadonnées, les problèmes d’accessibilité et le manque de communication entre les différentes bases de données existantes sont des limites de taille à l’évolution du Web.

L’explosion de la quantité des contenus disponibles pose en effet un grave problème de recherche de l’information. Et pour être trouvées, les informations doivent être correctement indexées, répertoriées, classifiées. Une classification nécessite des règles, des standards, qui sont encore très peu présents, malgré tous les efforts du W3C.

Le World Wide Web Consortium milite en effet depuis plusieurs années pour le développement du Web sémantique, un terme qu’on associe beaucoup au concept de Web 3.0. L’objectif est de rendre le Web plus intelligent, en améliorant l’indexation des informations. Le Web sémantique repose sur l’application de standards stricts et la création d’écosystèmes de données (Linked Data). Le mot d’ordre est donc interopérabilité.

Évidemment, l’introduction de nouvelles pratiques d’indexation nécessite un travail considérable pour les éditeurs et créateurs de contenus. Comment faire pour « sémanticiser » ces milliards de pages Web? Tant que Google fonctionne, l’idée de se mettre à retravailler toutes les métadonnées de toutes les pages et contenus Web n’attire pas les foules… Google n’a jamais été très enclin à se diriger vers le Web sémantique. La situation est en train de changer, avec la compétition de Bing notamment.

Mais il faut faire attention à ne pas confondre nécessairement Web 3.0 et Web sémantique. Comme le Web 2.0, le Web 3.0 sera le fruit de l’émergence et de la diffusion de plusieurs technologies, notamment les technologies mobiles haute vitesse, la géolocalisation et le “cloud computing”. Si le Web 2.0 place l’utilisateur au cœur du système, le Web 3.0 sera davantage orienté sur les données.

En attendant sa naissance, les « gourous du Web » ont créé un nouveau concept : le Web au carré (« Web squared »), une sorte de transition pour faire patienter ceux qui trouvent que le Web sémantique n’arrive pas assez vite à leur goût.