
Je me suis rendu compte, après coup, que j’avais été très prolifique dans la rédaction de ma couverture de ma première journée. Je suis désolé mais les journées sont tellement chargées et les contenus si intéressants qu’il est difficile de couper dans l’information. Voici donc le résumé de cette deuxième journée.
Keynote de Christopher Payne
Aujourd’hui, c’était l’ouverture officielle de la conférence. Une ouverture très intéressante avec Christopher Payne, le président nord-américain pour eBay. Cette conférence nous informait du chemin que prendra eBay dans les prochaines années avec leur plateforme x.commerce. Il nous parlait entre autre: de commerce 3.0 (on aime ce genre de “buzz word” qui finit par avoir de multiples définitions), de son point de vue du “shop everywhere and everytime” et de la mobilité. Ultimement, lorsque les gens ne sont pas à leur ordinateur…ils veulent quand même magasiner.
Il y a de multiples occasions pour passer en mode achat: en attendant le métro, dans l’autobus ou même dans un café. Il est cependant essentiel que le système soit bien intégré pour que l’utilisateur puisse terminer l’opération sur son ordinateur ou sur son mobile: ce qui amène évidemment un changement de paradigme. Concrètement, le consommateur en circulation peut se diriger vers votre point de vente, s’il voit avec son mobile un produit qui lui plaît et qu’il désire consommer. La gestion de votre inventaire en version mobile devient donc cruciale. Elle l’était évidemment en version Web mais aujourd’hui l’action dans le temps réel accroit son importance.
Un autre point majeur est le volet localisation. Ce qui manque aujourd’hui à eBay et qu’ils ont comblé en achetant Milo.com, c’est d’avoir les inventaires des magasins. Ce qu’ils désirent développer, c’est sensiblement le même concept qu’Amazon avec leur marketplace et leurs annonces (j’en parle d’ailleurs un peu plus loin). Maintenant, il sera possible d’afficher dans les résultats de recherches les magasins à proximité ou le produit choisi est disponible. Ainsi, ceux qui ne veulent pas attendre pourront se déplacer pour un achat sur place.
Selon eBay et plusieurs autres d’ailleurs, le eCommerce, c’ est quelque chose de social. Nous avions l’habitude d’aller magasiner en groupe, de discuter de “ce qui fait et qui ne fait pas” et de suggérer ses goûts et idées (peut-être plus les filles que les gars…mais bon). Cet aspect a été un peu perdu avec le Web mais l’arrivé des médias sociaux répond à ce besoin. D’ailleurs, eBay lancera prochainement une application qui permettra le partage d’ une liste d’achats avec ses amis sur facebook et même de leur demander leurs commentaires. Du vrai social!
eBay a aussi mis sur pied un projet groupgifts.ebay.com qui permet à un groupe d’offrir un cadeau à un ami pour sa fête. Le concept est simple: mobiliser plusieurs personnes à donner un petit montant pour acheter un plus gros cadeau qu’en solo. Encore là, une belle application du “social commerce”!
En bref, Christopher Payne a voulu démontrer que eBay était l’ami des “retailers” et non pas leur compétiteur. eBay donne ainsi un service complet aux commerçants pour que ces derniers puissent augmenter leurs ventes.
Connected TV
Une petite conférence très intéressante qui nous parlait de l’avenir de la télévision connectée. Ce qui en ressortait, c’est que les différents modèles d’affaires sont à revoir; notamment avec Google TV qui ne peut pas rendre disponible certaines émissions en “streaming” mais que l’on peut visionner sur son PC ou sur un iPad. Probablement que cette situation provient de la télévision: puisqu’il est difficile de faire accepter que ce ne soit pas le même canal de distribution. En parlant de modèle d’affaires à revoir, il y a celui de la publicité à la télévision. La majorité de la publicité n’est pas encore ciblée mais avec la télévision connectée au Web (et les tablettes), il sera possible de cibler et de créer une interaction.
Il était aussi mentionné que la télévision devrait commencer à interagir avec les tablettes, compte tenu que près de 70% de ses utilisateurs s’en servent pour regarder la télévision. De plus, au niveau des services liés à cette nouvelle façon de faire, on pense à offrir: un complément d’informations, une publicité qui n’arrête pas l’émission en cours ou même la possibilité de commenter directement sur les médias sociaux à partir de la télévision. Il va s’en dire qu’il existe un infini de possibilités.
Il y a par la suite eu un petit débat entre les deux interlocuteurs sur ces différents sujets.
Est-ce que Google va sauver l’industrie de la TV ?
Un des intervenant mentionnait que pour Google, ce n’est pas vraiment son “core business”et qu’ ils n’ont pas vraiment lancé de nouveaux contenus (comparativement à Samsung pour qui la télévision est médium naturel). Cela dit, il ne faut pas négliger Google qui a une masse critique de développeurs et d’applications. Pour ce qui est d’un Apple TV, j’attends vraiment que les applications arrivent sur la TV et que je puisse avoir accès à plus de ressources en “streaming” (ici le choix d’Apple qui aime contrôler risque de rendre le temps de production plus long que Google).
Est-ce que Netflixx va devenir le plus gros joueurs dans la location de films ?
Bonne question, ils doivent tout de même avoir 18M de nouveaux abonnés pour en conserver 6M à la fin! Ils ont donc un grave problème de rétention. Aussi, puisqu’on ne les voit pas d’un très bon oeil (par les créateurs de contenu), il est possible qu’on ne voit pas beaucoup de nouveaux contenus y surgir. Cela dit, ils sont tellement présents sur plusieurs plateformes, qu’il est possible de regarder leur contenu de partout: ce qui leur donne un énorme avantage sur un Apple par exemple.
Arianna Huffington
Sa conférence m’a moins accroché en ce sens où elle nous a beaucoup parlé de l’historique du journal. Il y avait plusieurs éléments intéressants mais ce n’est définitivement pas mon coup de coeur.
Elle mentionnait que l’authenticité est d’importance sur le Web (rien de nouveau sous le soleil), que de plus en plus de compagnies font des campagnes en utilisant une cause pour engager les consommateurs. Son explication est que nous sommes tellement connectés (sur Internet) que nous avons besoin de nous déconnecter pour entrer en relation avec d’autres personnes. Enfin bref,que ce sont les causes qui nous aident à trouver un but à ce que nous faisons, à développer un monde meilleur.
Intégration du mobile dans une stratégie multi-canal
En 2014, il devrait y avoir plus d’utilisateurs mobiles que de desktop sur Internet (aux États-Unis mais au Canada cela risque d’être plus long). Il est important d’aligner l’expérience de l’utilisateur afin qu’elle soit constante sur tous les points de contact (en magasin, sur le Web et sur le mobile). Comme je le disais plus tôt, l’utilisateur mobile s’attend à avoir une information ultra personnalisée en fonction de sa localisation. Ainsi, s’il utilise votre application pour savoir où se trouve le magasin le plus proche, il est important de bien l’orienter. Indiquer la disponibilité du produit devient ultra intéressant, puisque le consommateur prendra la décision s’il fait quelques pas de plus pour aller dans une autre succursale ou le produit est présent.
Finalement ce qui en ressort c’est qu’il est essentiel de “focusser” sur ce qui est important pour votre marque et le reste peut être mis de côté…
Comment faire d’Amazon son allié ?
Amazon est le plus gros eRetailer; ce qui fait que plusieurs détaillants sont réticents à utiliser leur plateforme qu’ils voient comme leur pire ennemi. Toutefois, il y a plusieurs façons d’utiliser leurs 120 millions d’utilisateurs actifs à l’avantage du commerçant. Bien qu’ils veulent ouvrir 25 nouveaux centres de distribution cette année, les ventes provenant des “third parties” sont plus grandes que les ventes directes.
Ils ont deux principaux produits qui peuvent être utilisés:
Le Amazon marketplace permet à un marchand de télécharger sa liste de produits avec le prix, le SKU, l’inventaire (super important), etc. Si Amazon n’a pas le produit en stock, il suggère aux consommateurs de l’acheter dans son réseau de partenaires. La transaction est tout de même effectuée sur le site d’Amazon mais c’est le marchand qui doit expédier le produit au client. Ensuite, c’est Amazon qui paie le marchand. Le hic, c’est que dans ce cas, vous avez peut-être effectué une vente mais l’ensemble des informations appartiennent à Amazon et ils peuvent communiquer avec eux.
En revanche, Amazon product ads (dont je ne connaissais pas l’existence) permet à un marchand d’envoyer à Amazon sa liste de produits. Toutefois, dans les résultats de recherche, Amazon va indiquer que ce produit est vendu par un tiers sur un autre site. Dans ce cas, le client arrive sur le site du marchand et la transaction est effectuée. Le modèle de revenu pour Amazon est du CPC, donc très avantageux pour le marchand. De plus, ce dernier détient toute l’information sur le client et non pas Amazon.
Dans quelles technologies investir pour le eCommerce ?
Conférence de Gartner, intéressante mais beaucoup de questions et trop peu de réponses.. Quelques éléments clés sont quand même à considérer. Il ne faut pas voir le Web comme un coût unique dans le temps mais comme un investissement continu. Il faut qu’il y ait un plan interne pour développer le Web et y attribuer les ressources nécessaires. Selon Gartner, en 2015, 50% des ventes se feront via le mobile et le Web: c’est donc un canal de vente à prendre au sérieux. Il est aussi important de garder sa plateforme à jour afin d’avoir les dernières fonctionnalités et répondre aux besoins toujours grandissant des consommateurs.
Ah oui, petit fait intéressant pour les marchands, la croissance des ventes des commerçants en ligne ne sont pas de nouvelles ventes mais une transition des ventes qui étaient effectuées en magasin dans le réseau physique. Ceci est particulièrement vrai au Québec. En effet, le 30 à 40% des ventes qui sont effectuées aux États-Unis par les consommateurs, ce sont des diminutions directes des ventes des détaillants d’ici (pour ceux qui ne sont pas en ligne particulièrement).
En résumé
Encore une fois je me suis un peu enflammé mais que voulez-vous il y a du contenu intéressant. La journée a beaucoup tourné autour du m-commerce et du social commerce, deux éléments en lesquels je crois beaucoup. Selon moi, le succès des ventes en ligne est de se coller aux modes de vie de ses consommateurs et il y a clairement de fortes tendances sur la mobilité. Leur donner la chance de magasiner sur leur mobile alors qu’ils attendent ou qu’ils sont en déplacement, permet aux consommateurs de sauver encore plus de temps. Il est aussi important de conserver l’aspect local en tête pour faire un lien avec géolocalisation. Puisque l’on connaît où se trouve l’utilisateur, il n’y a pas de raisons de ne pas lui présenter du contenu pertinent selon ce critère. Au niveau social, certes, il y a la possibilité d’acheter via une application sur facebook, mais ça ne va pas plus loin que cela. Il s’agit vraiment d’une façon complètement différente de voir l’expérience de magasinage et d’achats en incluant son réseau (comme nous le faisions dans nos achats physiques mais à plus petit échelle) au processus d’achat et en s’assurant d’avoir les recommandations de ceux qui sont proches de nous.
à demain !