Ce n’est pas sans péripéties que je ne me suis rendu à San Diego pour assister à la plus grande conférence de eCommerce. Comme vous le savez, dès 12h01 AM mardi, les employés de soutien d’Air Canada étaient en grève. Étant un geek affirmé, j’ai bien entendu tout confirmé via les services en ligne (avec en prime un bug et deux appels au service à la clientèle totalisant 2 heures d’attente, on jase). Toutefois, des rumeurs ont laissé entendre que certains pilotes ou autres membres des équipes auraient, par solidarité, retarder quelques vols de ce matin. Disons qu’avec 30 minutes de retard, on mettait en jeu ma correspondance. En effet, arrivé à Toronto, on m’informe que je vais arriver à San Diego à …23h! Et puis finalement, un coup de chance, je me trouve dans l’avion. Ouf!
Les vraies conférences débutent demain, soit le 15 juin. Aujourd’hui, c’était des ateliers et l’ouverture du centre d’exposition. Je n’ai pu assister aux ateliers du matin, mais j’ai quand même mis la main sur les présentations que j’ai regardées de façon approfondie. Très honnêtement, je n’y ai pas découvert de grandes révolutions À la limite, cela ressemblait plutôt à des “sales pitchs” que du contenu à valeur ajouté. Certes, il y avait des cas pratiques, mais il me semblait tout de même que l’information était biaisé – dans le sens du fournisseur.
Quelques “cue” quand même intéressant à se rappeler
Lorsque l’on fait une refonte d’un site de eCommerce, il est important de définir des objectifs précis et de s’y tenir. Il est aussi très important de regarder vers le futur et de planifier la refonte en fonction des besoins éventuels de notre clientèle et de ce que peut offrir la compétition en termes de fonctionnalités. Il faut donc de se faire un bonne liste de “nice to have” ou bien de ne pas avoir peur de planifier son projet en plusieurs phases. Vouloir tout faire, tout de suite, peut mener à oublier de passer en mode évolution (en concevant une phase unique). L’indicateur de performance est aussi important dans le processus de mise en place d’un site de eCommerce (et de tout autre solution web d’ailleurs).
Un autre aspect intéressant, et là je prêche pour notre paroisse, mais il s’agit pour le commerçant de se concentrer sur ses expertises, « core business » et de s’attarder à en faire la promotion. En somme, opérer le site et livrer les commandes, plutôt que de vouloir tenter de développer de nouvelles expertises en technologie en développant à l’interne. Cela dit, je trouvais ce point un peu biaisé, compte tenu que le présentateur était un fournisseur de solutions de commerce. Entre nous, il y a des cas où cela peut être pertinent mais l’essentiel c’est de se poser la question et de valider qu’il y a un modèle d’affaire rentable derrière l’opération.
Ateliers sur le SEO et les réseaux sociaux
Ces deux derniers ateliers ont été plus intéressants. Bien qu’il n’y avait pas tant de nouveau contenu, je comprends qu’il n’est pas évident de réinventer la roue à tous les jours. Cela dit, il est quand même bon de se rappeler certains principes que l’on peut rapidement oublier.
Les utilisateurs passent beaucoup de temps sur les réseaux sociaux (rien de nouveau), mais c’est souvent fait en mode « multi-tasking », donc l’attention n’est pas nécessairement soutenue; surtout avec du contenu qui a une moins grande valeur pour eux. Plus de 100 millions d’informations se partagent par jour; excluant les fonctionnalités like de facebook. On peut donc imaginer les quantités d’informations générées à chaque jour. Dans tout ce contenu, on trouve de belles opportunités pour le référencement du contenu (on parle ici plutôt de Twitter que de facebook, facebook ne permettant pas d’afficher les données dans les résultats de recherche). Bien qu’il y ait des tags “no follow”, donc pas de “vote” en termes de lien entrant pour le « link building », il reste néanmoins que les résultats sont affichés dans les moteurs de recherche (dont Google).
Un aspect intéressant est l’influence de l’aspect social dans le classement des résultats de recherche; une tendance qui commence à s’installer de plus en plus. Souvent, dans les résultats, ce sont les « reviews » qui auront préséance.
Dernièrement, Google +1, similaire à la fonctionnalité “like” de facebook. Ces votes qui peuvent être fait sur le site Web et non plus directement dans Google, comme avant. Il y a fort à parier que l’aspect social prendra de plus en plus de place dans les résultats de recherche (ce qui est tout à fait logique d’ailleurs).
Dans la création de contenu à destination de Twitter, facebook ou des autres médias sociaux, il est important de penser au SEO (encore une fois un bon rappel), autant dans la description du profil que dans les mots clés qui sont utilisés dans les messages. Mais le plus important, c’est de s’assurer que le contenu est pertinent pour les utilisateurs et qu’ils voudront eux-aussi le partager.
Un aspect intéressant que j’avais tendance à regarder de façon plutôt négative, est le “posting automation” ; la publication de contenu automatisé. A mon avis, les réseaux sociaux contiennent le mot social pour une raison bien précise : l’échange d’informations entre deux personnes. Dans le cas du « posting automation » on nous démontrait l’intérêt de proposer de nouveaux produits, des promotions et d’autres contenus intéressants pour le consommateur.
Il nous était aussi présenté la conception de plus d’un compte afin de segmenter le message (produits) et d’être ainsi plus pertinent. Je pense ici à l’exemple de Dell que l’on a abondamment parlé (segmentation de produits). L’exemple peut-être tout aussi pertinent dans le cas de produits mode qui nous était amené. Il est, par exemple, possible de séparer la mode pour hommes, pour femmes et même pour enfants. En m’abonnant, je fais ainsi le choix de ce que je veux recevoir. Dans ce cas précis, on se rapproche de plus en plus du concept de l’infolettre (et je crois qu’il y a là quand même intérêt). Je ne parlerais pas de l’engagement des utilisateurs, car en réalité on leur dit : « Venez écouter ce que j’ai » sans nécessairement écouter en retour. Mais cette stratégie, seule, n’est pas gagnante à long terme.
Un autre élément ramené sur la table est la nécessité de créer des fils RSS pour les différents contenus liés aux promotions et aux nouveaux produits (par exemple). D’une part, quelqu’un pourrait vouloir le mettre sur son site ou son blogue (alors vous êtes assez chanceux) mais ce qu’il a de très intéressant, c’est qu’il est possible d’ajouter des fils RSS dans Flipboard. Comme il est branché sur tous les médias sociaux, si l’utilisateur est aussi abonné à la page facebook et au fil Twitter, il est fort à parier que Flipboard prendra cette “story” avec une plus grande importance. Encore ici, je relais l’information, car je ne suis pas encore certain que c’est une stratégie gagnante sur le long terme.
Selon moi, c’est un concept intéressant et pour ce qui est des « posts » automatiques, je crois qu’ils ont leur place et qu’il faudrait en effet faire une plus grande intégration entre les sites d’eCommerce et les réseaux sociaux. Cela dit, le plus important c’est d’avoir une véritable stratégie derrière les actions et de ne pas utiliser un outil dédié à la conversation pour finir avec un discours unilatéral.
Analyse en directe
La dernière activité des ateliers était l’analyse de sites en direct, une activité qui s’est aussi vu au Webcom Montréal dans le passé et que je trouve très intéressants. Certains ont du courage d’aller présenter leur site…nous avons eu droits à une erreur 500…
Dans les analyses, encore une fois plusieurs bons rappels:
Il est important sur la page d’accueil de permettre à l’utilisateur de pouvoir décider très rapidement s’il est au bon endroit et s’il trouvera l’information qu’il cherche ou non. Donc de bien clarifier l’objectif du site sur cette page. Viser aussi des mots clés ciblés et ne pas tenter de vouloir tout mettre. D’une part, il y a une dilution en terme de points pour le SEO et cela peut rendre confus l’utilisateur qui doit prendre une décision très rapide (je continue ou je quitte).
Il est aussi important de rester constant dans la structure de navigation et ne pas présenter trop de surprises à l’utilisateur, ne pas changer les menus de places ou les faire apparaître et disparaître d’une page à l’autre.
Un élément que j’ai trouvé très intéressant venant de la part de spécialistes en SEO: les meta-keywords sont à conserver. On entend souvent qu’ils ne sont plus utilisés par les moteurs de recherche, etc. plusieurs disent qu’il vaut mieux les enlever pour diminuer le point des pages. Leur point étant qu’ils permettent de structurer le contenu : l’objectif même de la balise à son origine. De dire que cela va aider à mieux positionner dans un moteur de recherche comme Google ou Bing…sûrement pas. Cela dit, peut-être qu’ils aideront à mieux classifier le contenu dans un annuaire ou sur un site d’agrégation de contenu. Toutefois, l’approche que j’ai trouvée la plus intéressante est de les saisir pour un usage interne. Puisqu’il est important de choisir un mot clé principal (ou jeu de mots clés, si c’est une expression à plusieurs termes), puis 1 ou 2 mots clés de soutien ou dérivés et de les inscrire dans les META Keywords. Lorsqu’il y a une édition au niveau des contenus, titre, META description, etc. Une stratégie intéressante pour se rappeler ce que l’on doit parler et quels termes on doit tenter de placer dans la page.
Puis finalement, lors de la création de l’architecture du site, se baser sur une analyse des termes de recherche, autant sur le site à refaire que sur les moteurs de recherche. Par la suite, segmenter les informations en fonction des termes de recherches des utilisateurs pour faciliter la recherche d’information.
Hall d’exposition
Cette journée s’est soldée par un bref tour d’horizon du hall d’exposition, où il y a plus de 500 exposants. Espérons que le Salon eCom Montréal atteindra ce stade aussi un jour…bon je rêve un peu. Malgré tout, en effectuant un tour d’horizon rapide, j’ai pu constater que nous accusons un certains retard au Québec. Il serait d’ailleurs intéressant d’avoir des fournisseurs de “fullfilment” et d’entrepôt au prochain salon eCom… Encore faut-il qu’il y ait des détaillants qui prennent assez au sérieux le eCommerce pour s’y lancer à fond.
Les exemples sont encore rares au Québec…
A demain!


