Le Conseil Constitutionnel français a censuré hier (mercredi 10 juin), le pouvoir de sanction de la Haute Autorité concernant l’application de la loi Hadopi dont je vous avais expliqué le principe dans un précédent billet.
Motif de l’invalidation :
1. Internet est une composante de la liberté d’expression et de communication. Or, les sanctions prévues par la loi consistaient, après 2 avertissements, à couper la connexion dudit « téléchargeur illégal » sans qu’aucune décision judiciaire ne soit prononcée.
2. La loi française repose sur le principe de présomption d’innocence. Or, Hadopi prévoyait que tout abonné à Internet devait veiller à ce que sa connexion ne soit pas utilisée à des fins de téléchargement illégal. Comme il est difficile de prouver le fait que quelqu’un ait utilisé votre réseau à votre insu, le Conseil Constitutionnel a considéré que le principe de présomption d’innocence n’était pas respecté mais avait même laissé sa place à la « présomption de culpabilité ».
Les avertissements restent donc de vigueur et seront envoyés aux titulaires d’abonnements à partir de l’automne prochain. Par contre, en ce qui concerne les sanctions, elles seront uniquement prononcées par un juge.
Cette décision est évidemment décevante pour le gouvernement Sarkozy, qui s’était jusqu’ici obstiné pour faire passer cette loi, malgré l’opposition du parti socialiste.
La ministre de la culture Chrisitne Albanel doit maintenant se contenter des quelques miettes qui subsistent du projet. Même s’il est encore possible de compléter Hadopi au Parlement, il sera très difficile de soigner indéfiniment une loi qui a suscité autant de controverse. Aller… on y croit !
